Pirouette

Nous glissions mollement sur une eau translucide, une toise au-dessus d’un sable diapré. Il y crapahutait maints crabes intrépides : des verts et des carmins, des bruns et des ocrés

 

À quoi bon résister quand la flotte est si tiède ? Je bascule ma nef et la fait capoter. Sans perdre une seconde, en valeureux bipède, j’oeuvre le processus aux fins d’eskimoter.

 

Je suis bringuebalé coque par-dessus tête sous le regard surpris des joyeux crustacés. Mais bientôt mes poumons gémissent : « c’est assez ! »

 

Pour survivre, il me faut accepter la défaite et, giclant sans honneur de ce fichu cockpit, convenir que je fais un bien pâle inuit.