Diabolo-mante

Dans ce bout de campagne, oublié rue Malherbe,

sous l’euphorbe jaunâtre et le liseron bleu,

avance à pas feutrés la tigresse de l’herbe.

Un bourdon s’en alarme et vrombit : « Sacrebleu ! ».

 

Un lézard boulimique hésite dans la sente :

« Ce bel insecte vert est bien appétissant,

mais sa patte de fauve, un tantinet tranchante,

peut porter préjudice au reptile innocent. »

 

Tout hôte du jardin, qu’il vole ou déambule,

peut être écharpé par ses monstres mandibules,

papillon, coccinelle, abeille... Apparemment,

 

rien ne peut assouvir la vorace ostrogothe.

Avec une ferveur digne d’une bigote,

la mante, après l’amour, dévore son amant.