L'albe atroce

Jean-Marcel de Vittel, en fringant équipage,

passe depuis beau temps le mois d’Aout à la mer,

oublieux du torride et fastidieux voyage

au cœur de ces bouchons qui vous rendent amer.

 

Infatué de glisse, il possède une planche.

Il se vautre souvent mais n’en est pas honteux.

Fana des demi-dieux surfant l’écume blanche,

il ira, c’est promis, s'ébattre à côté d’eux.

 

Sur le flot rassurant, comme il est gauche et veule.

L’arrière-train tendu, qu’il est comique et laid !

Les surfeurs accomplis se fichent de sa gueule,

mais lui, l'âme au zénith, fait comme s'il volait !

 

 

Jean-Marcel est semblable au prince des nuées,

le sublime albatros qui se rit de l’archer.

Dans sa combi fluo, nonobstant les huées,

comme Jésus, sur l'onde, il rêve de marcher.