Dépression passagère

Je voulais vous offrir un sonnet sur l’orage :

des cumulonimbus prédateurs du soleil,

l'éblouissant éclair qui soudain les ravage,

ouvrant un camaïeu de soufre et de vermeil.

 

Je voulais évoquer ce vaisseau d'un autre âge,

fuyant sous la galerne en sinistre appareil,

les voiles en lambeaux, dépourvu d’équipage,

échevelé de foudre, au fantôme pareil. 

 

Mais que pouvait écrire un trop vieux métromane,

un faiseur de sonnets dont la muse est en panne,

sinon ces quelques vers, désolants de langueur ?

 

– Papy ! Prends ce boudoir et finis ta tisane.

Douze heures de sommeil et ta plume artisane

retrouvera sitôt sa fertile vigueur.