ghazels

Au mois de juin, les nuits sont brèves, on s'aime à bouche que veux-tu. La lune est fauve, il pleut des rêves et des étoiles en tutu. Pour épater les filles d’Ève, on arbore un chapeau pointu, on se parfume à l'after-shave, on se promène dévêtu. Au creux des reins monte la sève, on se risque au fruit défendu. C'est si doux que les bons élèves en négligeraient la vertu.
Au bord de l’onde un peuplier n’en pouvait plus de solitude. Sans la moindre mansuétude, le vent l’avait un peu plié. Dans un accès de coolitude, le propriétaire du pré y planta trois joyeux cyprès. Mais les cyprès étaient si près du peuplier que leurs racines lui refilèrent leurs toxines et le pauvre en fut défuncté. Les cyprès sont des enfoirés.
Longtemps il s’était couché tard et non de bonne heure à l’instar de l’apôtre des madeleines. Fieffé coureur de prétantaine, des Hauts-de-France à l’Aquitaine, il avait écumé les bars et les flancs des demi-mondaines. Longtemps il s’était couché tard. Mais au confins de la trentaine il tomba dans le traquenard d’une couguar azuréenne. Depuis il est à la verveine.
Diophante, sais-tu que d'humbles rimailleurs aimeraient mugueter la sublime ingénue que fit naître un beau jour ta plume soutenue pour le plus grand plaisir des cerveaux orpailleurs ? Je veux la dénicher, cette belle inconnue ! Je l’imagine bien, rougissante et menue, au coin de l’hypothèse, ici, peut-être ailleurs. J’y vais à petits pas, suivant mon bio-rythme. Va-t-elle se laisser séduire de plein gré ? Victoire, elle est à moi ! Mais elle a deux copines… – Est-il si...
Il fallait être siphonnée, et bien plus qu’un peu croyez-m’en, pour s’offrir cette randonnée sous la fureur des éléments. Et vous voici désarçonnée. Toutatis vous a joliment et vertement assaisonnée. Croyez-m’en, lumineuse Hortense, dévêtez-vous de toute urgence afin de vous chauffer aux feux du foyer et de quelques jeux. C’est, je crois votre seule chance.
Paméla fleure la lavande, et palpite si bien du cil. Se pourrait-il qu’elle m’en vende ? C’est ma senteur préférée. S'il fallait rompre la muraille et me transporter en ce lieu, peu m'importe si l'on me raille. J'idolâtre son parfum bleu. C’est une essence envahissante. Mais enivrante, sentez-la ! Prenez la garrigue. Une sente y mène aux fleurs de Paméla.
Lorsque j'ai pécho ma marquise, au point du jour dans une teuf, il faisait un froid de banquise, c’était en l’an deux mille neuf. C’est peu dire qu’elle est exquise : elle a remis mon coeur à neuf.et, fier gâteau sous la cerise… devant le maire et à l’église la belle est devenue ma meuf. Ma loyauté lui est acquise : elle sait même cuire un œuf ! C’est un vrai génie, ma marquise.
Il s’est accroché au pinceau, quand son pote enleva l’échelle, et s’est vêtu de tourterelle, de pivert luisant, cool et beau. Il n’y a merle ni moineau qu’en son pommier ne toureffelle. Il s’est accroché au pinceau. Boostés au baume d’hirondelle, corneilles, grives et corbeaux, vivement se sont fait la belle. Quant au peintre au pif en poireau, il s’est accroché au pinceau.
Et si nous tricotions des ghazels à l'anglaise ? Une rime à l'envers, une rime à l’endroit. Par temps de canicule ils nous tiendraient bien froid et nous nous gaverions de maints vers véronèse. Pour les agrémenter, sûrs de notre bon droit, nous les pimenterions d'exquises diérèses cultivées en plein air quand la lune décroît. Sous les grands hiatus, nous serions à notre aise, adulant l'hémistiche à l'abri du noroît. Puis, comme l'an passé chez ce brave Louis Treize, nous y...
C’est un fameux poème où le « issant » foisonne. Un sonnet dont les vers s’assument verdissant et tels la passiflore, illico florissant sous l’effet d’un printemps que Phœbus assaisonne. Lorsque le jour se meurt, tout aède y moissonne, de la douce angevine au bonze blondissant, gourmands de ces joyaux que Du Bellay maçonne. Icelui pinte un rhum en un troquet romain, comme le prescrivaient les aèdes antiques. Il n’est rien de meilleur comme potion magique pour honorer sa Muse...

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