gloses

Loin de la Caraïbe, il naquit à Natal. Il a le verbe abrupt, les manières hautaines, qui sont les attributs des plus grands capitaines. Il est, comme il se doit, héroïque et brutal. Dans sa quête effrénée du fabuleux métal, pour traquer l’Espagnol vers ces rives lointaines, on dit à Tortuga qu’il aurait des antennes. C’est le plus fier forban du monde Occidental. Son CV se prévaut d’aventures épiques. Sous les ciels tourmentés de la mer des Tropiques, il est de bien des...
Le ciel est par-dessus le toit et le toit par-dessus ma chambre. C’est un beau ciel de fin-septembre dont l’azur me laisse pantois. Si bleu, si calme, comme tes yeux cyanophtalmes. Un arbre par dessus le toit, mais par-dessous le ciel quand même, m’incite à pondre des poèmes où il serait question de toi. Toi, qui tant alme, berce sa palme.
Un jour, un pou dans la rue par un matin de printemps à l’azur incandescent moucheté de roses nues, rencontra chemin faisant, bouche en coeur et tête nue, une araignée bon enfant. Mais un poil hurluberlue la pauvrette allait nu-pieds. Elle était toute velue et vendait du verre pilé… pour s’ach’ter des p’tits souliers.
Ophélia sommeille au bord de la rivière, affublée simplement d'un tee-shirt en haillons. Un Camaïeu vintage. Elle en est plus que fière. Phoebus, ennamouré, la comble de rayons. Mais l’azur est bientôt envahi par la nue. Du gris vient altérer la vigueur de son bleu. L'adorable endormie qu’on sait à moitié nue quitte un rêve érotique et gémit : « Crotte ! Il pleut. » Sans pépin ni K-way, la belle est trempée comme une soupe aux croutons. Elle peste, elle somme : « Oh du...
Pour la troisième fois, mes deux roues sont crevées ! Mon cher vélocipède est tout sauf idéal. J’aurais dû emprunter à Bébert, mon féal, son VTT framboise aux lignes tant rêvées ! Me voici comme un con dans je ne sais quel trou à l’heure où le soleil vient d’achever sa course. Au firmament, déjà, se pointe la Grande-Ourse, silencieusement, sans faire de frou-frou. Je pourrais nuitamment continuer ma route, mais sans lampe il est sûr que je n’y verrais goutte. Et toute...
Sur son vélocipède aussi noir que l’onyx et que sa dynamo rendait lampadophore, il revenait de Nante, impayable Phénix, après avoir pinté cul sec toute une amphore. Muni d’une oreillette, il écoutait un ptyx moduler à tue-tête un allégro sonore où le Loire Gaulois se gaudissait du Styx avec ces trémolos dont Vassili s’honore. Le péquin pédalait, apathique au bocage. Or, approchant Montaigu, il vit dans ce décor le spectacle charmant d’une innocente nixe qui dormait le cul...
Joachim Le Bellec, au cours de son voyage, n’avait pas pris le temps de tondre sa toison. Il draguait l’italienne. Il avait bien raison de profiter ainsi des atouts du bel âge. Et c’est fort chevelu qu’il revint au village. — Sais-tu que les hippies sont passés de saison ? lui fit-on remarquer au seuil de sa maison. Pour le désarçonner il en faut davantage : — C’est ainsi que jadis se coiffaient nos aïeux ! — Vouloir les imiter me semble audacieux, ironisa son beauf en...
Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé. Ma psy ma conseillé l’aquariophilie. Je reçois des poissons d’Egypte ou d’Italie, mais cette thérapie n’a rien d’olé-olé. Les soirs où je me suis vivement emmiellé, je sors parodier, sur un coup de folie, le Prince d’Aquitaine à « La Tour abolie ». On y joue du tam-tam et de l’ukulélé, mais guère émoustillé par l’agoraphilie, je ne puis qu’écluser mon spleen jusqu’à la lie. Ma seule Étoile est morte et mon...
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. Tintin, Gaston Lagaffe, Astérix et Spirou. Ce qui se fait de mieux en BD peu ou prou. Comment passer ce temps qu’il me faut encor vivre ? On s’ennuie tellement à Nogent-le-Rotrou. Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres aux paradis austraux peuplés de kangourous. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, pour ces flots que l’on dit éternels mugissants, sous des ciels tourmentés d’outremer et de sang,...
Merd’ v’là l’ Printemps ! Ah ! salop’rie, ce con d’coucou vient d’se r’pointer et n’arrêt’ pas de coucouter dans les bosquets et les prairies. Et les ceuss’s qui n’sont pas d’ce bois dont les gourdiflots font les flûtes ne pens’nt qu’à jouer d’la turlute. V’là l’ monde enquier qu’est aux z’abois Et v’là t’y pas c’te putain d’ Vie qui n’m’a jamais laissé peinard m’dit qu’pour mézigu’ c’est un peu tard. A m’fait chier, j’ai...

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