mirlitons

Volatile démocratique et routinier, le cormoran prend-il donc cet air héraldique pour épater le tout-estran ? Ailes en croix comme un prophète, ou comme l’aigle des blasons, ce brave palmipède pète -t-il plus haut que son croupion ? Voudrait-il jouer la provoque envers le macareux ? le phoque ? la bernache ou le goéland ? Meuh non. Loin de chercher querelle, lorsqu’il développe ses ailes, il les sèche, tout simplement.
Sur une île bretonne au rivage enchanteur, un jeune kayakiste, un tantinet poète, recueillit un beau jour, en pêchant la crevette, un bébé cormoran promis au prédateur. Chez « Mimi la palourde », où tout un peuple écluse, chacun le reconnaît, ce type est un cador. Il avait appelé son esquif « Syracuse », de même il appela son oiseau « Salvador ». Devenu moussaillon, le jeune palmipède s’affirma plus futé qu’un certain Archimède : dès lors qu’il s’immergeait, il...
Entends ma supplique, ô Neptune, Dieu des kayaks et des voiliers, désolé si je t’importune, il y a de quoi rouscailler. Sur nos flots, hier si tranquilles, se sont pointés trois abrutis, mi-canassons, mi-projectiles, les baigneurs sont anéantis. Tu le sais, je suis pacifique, mais ces frimeurs motonautiques me tapent sur le carafon. Neptune, avant que je déconne, sous un pic de testostérone, envoie ces jet-skis par le fond !
(Œuvrette de Razkayou sur les rimes d’un sonnet de Rimbaud) Plutôt que me farcir l’eau vive des rivières au risque de trouver ma carène en haillons, éventrée par les rocs de la montagne fière, je kayakise en mer et j’en sais un rayon. Mon vaillant pagayeur navigue tête nue et même bras idem lorsque le ciel est bleu. Mais vêt un coupe-vent quand surgissent les nues et son bel anorak quand sur les flots il pleut. La caboche en relâche, il manie la pagaie comme si c’était de...
(Sur les rimes d'un sonnet de José-Maria de Hérédia) Quelques rares esquifs, hors du chantier natal, se trouvent tellment beaux sous leur mines hautaines qu’ils estiment pouvoir voguer sans capitaine et nourrissent un rêve héroïque et brutal. Aux sons du gangsta rap ou du Viking Métal ils évoquent déjà ces équipées lointaines, comme s’ils disposaient de magiques antennes branchées sur le Wifi du monde Occidental. Chaque nuit, espérant des lendemains épiques, l’azur...
(Œuvrette de Razkayou sur les rimes d'un sonnet de Ronsard) Est-il jeu plus kiffant que se mettre en chandelle après avoir surfé les vagues en filant et, sans l’air d’y toucher, aller émerveillant, sur la plage bondée de nanas, la plus belle ? Lorsque mon pagayeur reluque une nouvelle, sur le sable soyeux à demi-sommeillant, il fait le guignolo pour qu’ell’ s’aill’ s'éveillant à l’abri de la dun’ tapissée d’immortelles. Il s’farcit des figur’s à s’y rompre les...
(sur les rimes d'un sonnet de Du Bellay) Heureux com’ Razkayou, qui fit un beau voyage, drivé par son bipède à la fauve toison, et puis est retourné, plein d’usage et raison, tracer des ronds dans l’eau le reste de son âge ! Il rasa les cailloux de village en village, des premiers jours de Mars à l’arrière saison, bivouaquant chaque soir bien loin de sa maison et y trouvant un max de joies et davantage. Il fut digne en tout point de ses lointains aïeux, même sil n’en avait le...
(sonnet de Razkayou sur des rimes de Stéphane Mallarmé) Kayak en pur plastoc, exempt de tout onyx, il m’arrive la nuit d’être lampadophore lorsque mon pagayeur, se prenant pour Phénix, prend la mer après boire une enivrante amphore. Il s'appelle O'Bofix et s’est offert un ptyx, un drôl’ de p’tit zinzin, rutilant et sonore au cas où nous irions naviguer sur le Styx (ce dont tout kayakiste un peu branché s’honore). S'il n’est pas transcendant, c’est un bipède en or, fondu...
Nous glissions mollement sur une eau translucide, une toise au-dessus d’un sable diapré. Il y crapahutait maints crabes intrépides : des verts et des carmins, des bruns et des ocrés À quoi bon résister quand la flotte est si tiède ? Je bascule ma nef et la fait capoter. Sans perdre une seconde, en valeureux bipède, j’œuvre le processus aux fins d’eskimoter. Je suis bringuebalé coque par-dessus tête sous le regard surpris des joyeux crustacés. Mais bientôt mes poumons...
« C’est mon plus bel esquif, avait dit la vendeuse, il est sûr, il est vif, rapide et manoeuvrant » Je n’ai pu résister à sa verve enjôleuse et je me suis offert ce joyau de l'estran. Sans tarder, sous les pins d’une plage discrète, je glisse mon esquif dans quelques pouces d’eau. Sobrement ceinturé d’une affreuse jupette, j’essaie de m’insérer dans un étroit goulot. Je m’y prends à trois fois pour loger mes guiboles et découvre bientôt, nonobstant la pétole, que...

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