rondels

Esseulée dans son soliflore, la rose rouge a le bourdon. Un premier pétale, à l’aurore, est tombé sur le guéridon. Resplendissante hier encore, elle sent venir l’abandon. Esseulée dans son soliflore, la rose rouge a le bourdon. Désespérée, la fleur implore de Chloris en vain le pardon, Mais la déesse la déflore et la change en cynorrhodon, esseulé dans son soliflore.
Au prieuré, les cénobites, tranquilles et studieux, alignaient des vers odieux pour une Mozabite. Du coup, le cénobite en chef, qui vomit Baudelaire et dont on connait les colères, s’emporta derechef au prieuré. Mais sans effet : les cénobites en paix avec avec leur Dieu têtus autant que Depardieu se tinrent sur orbite. Au prieuré.
Je n’ose pas conter fleurette. Belle bergère, expliquez-moi comment vous dire mon émoi pour nous mettre le coeur en fête. Que n’ai-je le bagoût de ceux qui savent bien parler aux dames ! Je sais commander à mes boeufs mais les mots pour dire ma flamme, je n’ose pas. Vous devez me trouver très bête et vous n’avez pas tort, ma foi. Je vous en prie, apprenez-moi les secrets de la bergerette. Je n’ose pas
Longtemps il s’était couché tard (et non de bonne heure à l’instar de l’amateur de madeleines). Fervent coureur de prétantaine, de la Lorraine à l’Aquitaine il avait écumé les bars et les flancs des demi-mondaines. Longtemps il s’était couché tard. Mais au confins de la trentaine il tomba dans un traquenard que lui tendait une couguar. Depuis il est à la verveine. Longtemps il s’était couché tard.
Chaulx l’yver au coing du feu avecques Bordeaulx ha boire ! En garderay-je en mémoire, moultes bons plaisyrs du lieu. Des amours le genstil jeu, à l’Esden me feray croire. Chaulx l’yver au coing du feu. Pourceaulx rostis de bon queux faictent grand plaisir à voire et je m’en mays plain la poire en rendant grâces à Dieu. Avecques Bordeaulx ha boire !
Plutôt que larmicher en prose des versets noirs comme l’onyx, pour enchanter nos pluviôses, pourquoi ne pas rimer en x ? Ça grille les humeurs moroses et vous transmute en Obélix. Plutôt que larmicher en prose des versets noirs comme l’onyx, torchons des rondeaux virtuoses en nous gratouillant l’anthélix et pour clore en apothéose, osons mobiliser le ptyx, plutôt que larmicher en prose.
On peut le croquer sans façon, sans même en ôter la ficelle, on peut le couper en tronçons les soirs d’hiver, à la chandelle, à l’ail ou sec, le saucisson n’est jamais si bon qu’en rondelles. Gens insoumis et polissons l’écrabouillent, façon rebelle, en bramant « Elle est morte Adéle ». Restons sérieux et fricassons, à l’ail ou sec, le saucisson.