sonnets

En sortant de discothèque ronde comme une pastéque la femme du pharmacien s’est fait tordre le kiki. On coffre l’électricien (encore un de ces métèques) mais à l’issue des obsèques la femme de l’opticien s’est fait tordre le kiki. C’est l’angoisse. Demain qui sera sur la sombre liste ? La bouchère ou la pompiste ou la femme du marquis ? On serait sur une piste…
« Chez Raymonde » est un temple où de vivants piliers, délaissant pour un temps leurs fringantes cagoles, dans un salmigondis de confuses paroles, aiment à ressasser leurs thèmes familiers. Les multiples échos qui de loin se confondent brillent surtout par leur absence de clarté. En ces lieux le pastis l’emporte sur le thé. Lors, c’est souvent pâteux que les sons se répondent. Mais en prêtant l’oreille on pige cependant que ces consommateurs sont surtout mécontents des gens...
Ô rage, ô désespoir, j’ai brisé la lunette en joli bois vernis qui coiffait mon vécé. J’aurais dû la choisir en plastique. Suis-je bête ! Mais louons le Seigneur : je ne suis pas blessé. Je file sans attendre à la quincaillerie qui offre ses trésors Place de l'Évêché. La violette est chic, discrètement fleurie et, comble de vertu, c'est la meilleur marché. Le dur est à venir. Dévisser l’ustensile puis en visser un neuf, s’avère moins facile que de pondre un sonnet...
Le marquis de Grantôme, en fringant équipage, aime à courir le cerf par landes et halliers. De l’aube au crépuscule, ils feront grand tapage, peu leur chaut les moissons, passent les cavaliers ! Cependant au château, détestant le carnage, madame la marquise enfile ses colliers pour faire bon accueil au discret personnage qui, subrepticement, gravit les escaliers. Mordant à jolis crocs, feulant sous la caresse, au déduit l'angélique est une chasseresse. Le baldaquin brimbale et le...
Une senteur nauséabonde avilissant son bel évier, la romanesque Floribonde a mandé son pote Olivier. Inspiré, l'humeur vagabonde, tel un poète à son clavier, il dévisse l'écrou de bonde en ce clair matin de janvier. En position mahométane, dans les effluves de méthane, il offre au regard son aubier. Lors la Flory, sur son smartphone, immortalise en polissonne, son frais sourire du plombier.
« Timothée, s’il vous plait, passez-moi la chignole. – Prenez garde Aloys d’abîmer la cloison. – Rassurez-vous très cher, je fus à bonne école et l'on me dit un as de la défloraison. – Je compte sur vos soins pour toucher le pactole et ressens dans l'attente un brin de bandaison. – Evitons, voulez-vous, d'éveiller la bignole, Ça m’indisposerait de finir en prison. – Et moi donc Aloys… Mais je vous vois livide ? – Peste soit du bourgeois, son foutu coffre est vide !...
« Chérie, te reste-t-il quelques brins de ciboule ? Il me faudrait aussi trouver le caquelon. Je voudrais, ce midi, nous préparer des moules fraîchement arrivées de Riec-sur-Belon. – Tu me fais saliver, mais pense à mon régime. Au cours des derniers mois, j'ai pris deux bons kilos. C'est à se demander ce que font mes enzymes... Et cesse de pouffer, ce n'est pas rigolo. – Sans frites, mon amour, ce léger coquillage, à ton académie, ne fera nul outrage. Je le tiens pour acquis de...
Que peut-il se nicher dans mon inconscient (qui fait le classieux avec sa diérèse) ? Franchement, je l'ignore et c’est humiliant (pour employer les mots de ma tata Thérèse). Si l’on en croit Breton, laisser courir sa plume serait pour le savoir une ficelle en or. C'est parti mon kiki ! Mon ciboulot s’allume et me souffle des vers. Et encor et encor. Je vais, à ce neuvième, entamer un tercet (j’ai l’oreille classique, ici chacun le sait, pondre n’importe quoi m’est moins...
A la pointe de l'aube, une locomotive fauve et tintamarresque éveille tous les coqs, les merles du roncier, la vache admirative et le petit poulain qui folâtre au paddock. Un pinceau de soleil, propice à l’hirondelle, vient adoucir un poil le roussâtre omnibus. Depuis les nuit des temps allergique à Phœbus, vers son coin de grenier s’enfuit la pipistrelle. Cependant, olympien sur son coin de ballast, un garenne égaré savoure son breakfast et, lorsqu’il a fini de brouter...
Le joli Mai bourdonne au moutier Saint-Marcel. Au faîte d’un pommier la grive s’égosille. Frère Émilien chemine au long de la charmille et marmonne en latin, le nez dans son missel. Le brave jardinier n’y comprend pas grand-chose, ni aux filioque ni aux peccatorum. Il pense que ce soir il faudra qu’il arrose les fèves et les lys, les pois et les arums. Ève apparait soudain sur une enluminure, Elle n'est habillée que de sa chevelure. L’ascète, fasciné, n’y voit pas...

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