sonnets

Ô combien de sonnets fleurissent sur la toile depuis que des rimeurs ont conquis le PC. D’aucuns ont tutoyé déjà quelques étoiles d’autres en sont encor au tout premier essai. Le sonnet, quelque part est un bateau à voile, poussé par les quatrains, lesté par les tercets. Dès le moindre zéphyr, le bel esquif dévoile, si son rimo-skipper l’a bien ou mal troussé. Qu’on ne soit pas surpris par cette métaphore, soufflée par un guetteur, qui, de son sémaphore observe en...
C’te putain d’salop’rie d’bouteille, mieux qu’tout c’que t’as bu, mieux qu’un bock, ça t’fout la gnaque et ça t’réveille, s’pèc’ de vieux débris, s’pèc’ de schnock ! C’est mieux qu’du nanan, c’est d’la sève ! Tout’ la nuit, j’te l’dis, tout’ la nuit, tu t’la pass’s bien au chaud dans tes rêves, au plumard, douze heur’s au déduit ! Vec un’sacrée déess’ ed’poule qu’est s’lon mézigue un rien maboule d’s’envoyer, j’dis...
Décidément, je ne pige rien. J’ai pondu hier soir ( je ne sais par quel prodige ) un sonnet ! Mais... désespoir, je l’ai perdu ! Ça m’oblige à fouiller dans mon tiroir et j’en chope le vertige, car c’est un sacré foutoir. Et s’il était sous l’armoire, offert comme un vieux grimoire à l’appétit des souris ? Et s'il… Dans la cheminée ! Au petit-jour allumée pour réchauffer mon logis…
« Chez Raymonde » est un temple où de vivants piliers, délaissant pour un temps leurs fringantes cagoles, dans un salmigondis de confuses paroles, aiment à ressasser leurs thèmes familiers. Les multiples échos qui de loin se confondent brillent surtout par leur absence de clarté. En ces lieux le pastis l’emporte sur le thé. Lors, c’est souvent pâteux que les sons se répondent. Mais en prêtant l’oreille on pige cependant que ces consommateurs sont surtout mécontents des gens...
Ô rage, ô désespoir, j’ai brisé la lunette en joli bois vernis qui coiffait mon vécé. J’aurais dû la choisir en plastique. Suis-je bête ! Mais louons le Seigneur : je ne suis pas blessé. Je file sans attendre à la quincaillerie qui offre ses trésors Place de l'Évêché. La violette est chic, discrètement fleurie et, comble de vertu, c'est la meilleur marché. Le dur est à venir. Dévisser l’ustensile puis en visser un neuf, s’avère moins facile que de pondre un sonnet...
Le marquis de Grantôme, en fringant équipage, aime à courir le cerf par landes et halliers. De l’aube au crépuscule, ils feront grand tapage, peu leur chaut les moissons, passent les cavaliers ! Cependant au château, détestant le carnage, madame la marquise enfile ses colliers pour faire bon accueil au discret personnage qui, subrepticement, gravit les escaliers. Mordant à jolis crocs, feulant sous la caresse, au déduit l'angélique est une chasseresse. Le baldaquin brimbale et le...
Une senteur nauséabonde avilissant son bel évier, la romanesque Floribonde a mandé son pote Olivier. Inspiré, l'humeur vagabonde, tel un poète à son clavier, il dévisse l'écrou de bonde en ce clair matin de janvier. En position mahométane, dans les effluves de méthane, il offre au regard son aubier. Lors la Flory, sur son smartphone, immortalise en polissonne, son frais sourire du plombier.
« Timothée, s’il vous plait, passez-moi la chignole. – Prenez garde Aloys d’abîmer la cloison. – Rassurez-vous très cher, je fus à bonne école et l'on me dit un as de la défloraison. – Je compte sur vos soins pour toucher le pactole et ressens dans l'attente un brin de bandaison. – Evitons, voulez-vous, d'éveiller la bignole, Ça m’indisposerait de finir en prison. – Et moi donc Aloys… Mais je vous vois livide ? – Peste soit du bourgeois, son foutu coffre est vide !...
Sur des musiques incongrues, métal gothique ou wizard rock, vendredi soir, six coqs, six grues déliraient à Vladivostok. Coqueliquant au long des rues, ils se gaudissaient d'un vieux schnock, un diseur de coquecigrues, qui biberonnait gin sur bock. Je connaissais le crocodile. Léger comme un ptérodactyle, il hantait le quartier latin. Que faisait-il en Sibérie ? Y quêtait-il une égérie pour le consoler au matin ?
Il fut d’abord garçon-coiffeur, dresseur de puces, chorégraphe, avant de peigner la girafe et de connaître le bonheur. Sans vertige, il officiait au sommet de la grande échelle. On admirait sa gestuelle. Virtuose et fier, il coiffait. Mais une cliente incongrue inclina son fin col de grue, précipitant le zingaro. Dans un modeste cimetière on peut lire sur une pierre : « Ces dames, à leur Figaro »

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